I. Les "Clubs" ou
"Accueils de jour" tenus dans plusieurs villes
françaises
L'ambition des bénévoles
françaises a été dès le
départ de rompre la solitude des personnes
âgées vivant seules à la maison en
leur offrant un lieu chaleureux pour rencontrer d'autres
personnes et nouer des liens sociaux. Mais, devant la
passivité de leurs bénéficiaires,
elles ont voulu aller plus loin que les goûters car
elles se rendaient compte qu'elles risquaient de les
maintenir, en toute bonne foi certes, dans la
passivité ou à les enfoncer même dans
leur inutilité. C'est alors qu'elles ont
ajouté un volet animation à leur entreprise
dans le but de "réanimer" ceux et celles que notre
société actuelle isole comme des
"marginaux" en raison de leur âge, de leurs
diminutions physiques ou mentales, ou de leur manque
d'efficacité et d'utilité.
On imagina donc de proposer entre autres
activités des exercices physiques et mentaux qui
sortiraient les aînés d'eux mêmes.
C'est ainsi qu'est née une action qu'on appelle
"gym-mémoire", une thérapie d'occupations
qui allie des exercices de mémoire à la
gymnastique corporelle, en alternant les deux. L'objectif
est de faire retrouver les cinq sens qui alimentent la
mémoire, même si on peut la croire perdue.
Les exercices comprennent le toucher, pour
reconnaître des objets sans les voir; la
vue, en s'orientant dans l'espace;
l'ouïe, par de la musique, l'odorat et
le goût. Ils requièrent des instants
de concentration très salutaire et permettent de
mettre en valeur un don de créativité ou
d'expression que la personne elle-même
ignorait.
De telles activités suscitent un courant de
sympathie parmi les participants et entre eux et les
volontaires. Pour les premiers, la soif d'être
écoutée est satisfaite et ... la
mémoire revient. On voit les attitudes se
transformer, les visages s'épanouir.
D'ailleurs, le projet continue à évoluer
: dans une petite ville de province, la directrice d'un
hôpital a demandé aux volontaires
d'appliquer ces exercices aux personnes en fin de
traitement hospitalier, ce qui servirait de trait d'union
entre le séjour à l'hôpital et le
retour à la vie normale.
Toujours en relation avec les Accueils de jour, il
s'est formé un choeur de chant qui se
déplace d'un centre à l'autre pour
réveiller la mémoire des personnes
d'âge avancé en les faisant chanter des
chansons d'autrefois.
II.
Les Centres d'accueil pour les
aînés en Espagne
(No estás sólo, estamos cerca de
tí" (Madrid).
Le projet débuta alors que quelques
vieilles personnes souffraient de solitude, certaines
d'entre elles manquant même de l'essentiel
(nourriture et vêtements). Pour leur venir en aide,
les bénévoles de l'AIC-Espagne
décidèrent de créer un centre du
troisième âge qui viserait à ajouter
de la vie aux années et d'accompagner ces
personnes esseulées dans une vieillesse saine et
enrichissante. Le centre est ouvert depuis 12 ans et peu
à peu les bénéficiaires ont
été amenés à aider à
sa gestion et à la programmation des
activités..
Les aînés nécessiteux sont
accueillis et on leur propose un service d'alimentation
à bas prix qui leur permet de se nourrir
sainement. Pour d'autres, on assure une attention
médico-gériatrique avec des
activités de thérapie occupationnelle, des
activités récréatives ou de
formation.
Du côté des volontaires impliquées
dans l'action, on a vite compris la
nécessité d'une bonne formation, ce qui
incluait dans le cas présent des connaissances en
gériatrie, en médecine et d'autres sur les
moyens socio-économiques d'aide en pratique en
Espagne. Il a fallu aussi acquérir un savoir-faire
dans la psychologie des aînés avant
d'établir des relations de véritable
amitié entre tous. C'est ainsi que des
règles de bénévolat effectif ont
été établies :
témoigner de l'affection, de la
compréhension, savoir accepter autant que
donner;
ne jamais blesser la sensibilité de qui que
ce soit, ni tromper son attente;
discerner la réalité propre à
chaque personne afin d'arriver avec elle à
identifier ses besoins et à rechercher une
solution à ses problèmes; "Lorsqu'ils te
considéreront leur amie", dit la devise du Centre,
"tu auras atteint ton but".
Les bénévoles ont aussi
réfléchi au potentiel qu'il fallait
développer chez la personne âgée
en
valorisant et tirant profit de son
expérience
l'amenant à développer de nouvelles
relations sociales et interpersonnelles
définissant avec elle de nouveaux objectifs
et en revoyant même les projets de sa vie qu'elle
n'a pas réalisés pour s'en expliquer les
causes;
l'aidant à retrouver l'estime de soi et
à se rendre plus indépendante des
conditions économiques;
lui faisant accepter et adapter son déclin
personnel pour qu'elle comprenne le processus du
vieillissement et y voie une continuité, à
mesure que surviennent les pertes humaines qui doivent
être compensées;
adaptant ses attentes à la
réalité quotidienne;
se familiarisant avec la mort.
Le projet de l'AIC-Espagne en est venu à
prévoir la formation d'équipes d'entraide
composées des aînés eux-mêmes,
ce qui permet de les renforcer dans leur dignité
et de développer une culture du partage qui se
prolonge en échanges avec leurs pairs ou avec
d'autres générations. De leur aveu, les
organisatrices recherchent avant tout d'éveiller
le sentiment d'être utile à la
société. Même si ces personnes
âgées, qui étaient des
bibliothèques vivantes autrefois, se voient
concurrencées aujourd'hui par les livres, les
banques de données et tous les médias,
elles jouissent d'une supériorité
incontestable sur ces moyens par leur apport de
témoignage et d'expérience.
III.
Projet d'assistance alimentaire à
Miraflores (Lima, Pérou)
Ce projet, qui dure depuis bientôt 7
ans, a démarré avec quelques volontaires et
une vingtaine de personnes âgées qui
vivaient dans une pauvreté extrême,
souffrant de graves problèmes de santé. Il
a fallu d'abord assister simplement ces démunis en
leur donnant à manger. Dans une deuxième
étape, la communauté locale commença
à s'impliquer aussi dans le projet; un magasin
décida par exemple de fournir un soutien
régulier en denrées alimentaires.. Mais les
dons ont vite diminué à cause de la
mauvaise situation économique du pays et la
santé des bénéficiaires finit par
s'aggraver et les volontaires ont dû chercher
à augmenter leur budget en instituant leur
programme "Assistance alimentaire aux aînés"
qu'une fondation subventionna.
En s'amplifiant, le projet a bientôt
compté 70 bénéficiaires, alors que 5
autres ONG se sont jointes à l'équipe du
début et que le Gouvernement péruvien
adoptait un décret sur les "Lignes politiques
envers les personnes âgées".
L'action a ensuite été divisée en
4 volets : alimentation - santé -
récréation - formation. Un médecin
s'est joint à l'équipe: il tient des
dossiers sur les bénéficiaires et les
initie à la bonne nutrition, ce qui suscite un
grand intérêt. Un psychologue apporte aussi
son concours pour redonner à ces personnes une
vision positive de la vie. Les volontaires organisent des
loisirs comme d'aller en excursion à la campagne
ou à la mer. Fait à souligner : tout se
déroule en maintenant le dialogue avec les
personnes âgées.
Même si la campagne de sensibilisation de la
commune se poursuit, le projet a vite
dépassé les frontières du pays.
HelpAge International s'y est
intéressé, a proposé sa
collaboration et a invité les responsables
à une réunion au Chili pour y exposer leur
projet d'Assistance alimentaire.
"Mais l'important", affirment les volontaires de
l'AIC-Pérou, "nos bénéficiaires sont
tous en bonne santé, car ils reçoivent une
alimentation saine et équilibrée,. Il en
est résulté qu'ils ont retrouvé
l'estime d'eux-mêmes, s'entraident et se sont
liés d'amitié. Le temps est bien
révolu où ils ne voulaient même pas
sortir de chez eux."
N.B. Pour plus de détails sur ces projets,
on peut contacter le Secrétariat
de l'AIC.
